logo Le Matin 2015

SOS-Chats poussé à la rue

Aménagement

L’Etat de Genève veut récupérer le terrain mis à disposition du refuge qui abrite actuellement 80 félins. Grosse tension.

Par Pascale Bieri. Mis à jour à 11h04

 

Image: DR

Nous ne pouvons pas entreprendre de travaux avant d’être relogés. Valérie Derivaz, présidente de SOS-Chats à Genève.  (Image: Sebastien Anex)

 

Les pelleteuses ont commencé à détruire maisons et jardins autour du refuge de SOS-Chats à Meyrin, désormais classé en zone industrielle. Que vont devenir ses pensionnaires?

Branle-bas de combat parmi les – très – nombreux amis des félins sur les réseaux sociaux. Valérie Derivaz, présidente de SOS-Chats à Genève, vient d’annoncer, photos de pelleteuses à l’appui, que le refuge qui abrite actuellement 80 félins allait prochainement être mis à la porte par l’Etat. «L’étau se resserre petit à petit, écrit-elle sur la page Facebook de l’association. Les jardins autour de nous sont détruits et bétonnés pour faire place à des dépôts et à des carrosseries. La zone industrielle s’agrandit, et nous devrons bientôt partir.»

Damned! Si le refuge situé sur la commune de Meyrin (GE) se retrouve à la rue, que vont devenir ses pensionnaires et tous ceux à venir? Car environ 500 félins abandonnés sont recueillis chaque année par SOS-Chats, le temps de leur trouver un nouveau foyer. Pour l’heure, pas de réponse. «L’Etat de Genève, qui nous met le terrain à disposition, m’a informée que le bail ne serait pas reconduit, souligne Valérie Derivaz. Cet endroit a été déclassé en zone industrielle.»

Concrètement, le contrat dont bénéficie SOS-Chats arrive à échéance en 2022. Et, du coup, on pourrait se dire que l’équipe a le temps de voir venir. Mais voilà, il y a un autre problème de taille. Les installations du refuge, qui ont près de 25 ans, sont vétustes. Et nécessitent de gros travaux de rénovation. La chaudière est en bout de course, les portes sont mal en point… De plus, les quatorze boxes avec parc ainsi que les quarante cages d’accueil doivent être agrandis pour répondre aux nouvelles normes sur la protection des animaux.

«Ces travaux vont entraîner de gros investissements financiers. Et il est impossible de faire appel à des donateurs pour les entreprendre alors que nous allons bientôt devoir partir. Donc nous sommes coincés.»D’où l’urgence. Toutefois, aucune alternative n’a été proposée à SOS-Chats, un refuge pourtant reconnu d’utilité publique, et qui fonctionne grâce aux dons sur un budget de 400 000 fr. «Personnellement, nous n’avons pas les moyens d’acheter un terrain, explique Valérie Derivaz. Il faudrait donc que nous bénéficiions d’un legs ou qu’on nous reloge ailleurs.»

Question sans réponse

Cependant, du côté des autorités, tout le monde se renvoie la patate chaude et la question du relogement du refuge posée par «Le Matin» a fait le tour de la République avant d’obtenir finalement cette réponse du Département de l’aménagement: «Il est prématuré, près de sept ans avant la fin du bail, d’envisager une solution de relogement. Les possibilités seront examinées en temps voulu», répond Nicole Bovard Briki, non sans souligner les excellentes conditions dont a bénéficié jusque-là le refuge: un bail de 30 ans pour la somme de 1 franc par an. Bref, il va sans doute falloir sortir les griffes pour qu’à l’avenir les chats abandonnés ne restent pas sans abri. (Le Matin)

Créé: 21.01.2015, 11h04

 

source : www.lematin.ch du 21.01.2015